Journée mondiale de lutte contre le sida. Lancement d’une campagne de prévention pour valoriser l’offre de dépistage.

À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, le ministère des Solidarités et de la Santé et Santé publique France lancent une campagne de prévention visant à valoriser l’offre de dépistage. L’objectif est de faire connaître les différents modes de dépistage disponibles et leurs points forts. Chaque année en France, environ 6 000 personnes découvrent leur séropositivité au VIH, dont plus d’un quart à un stade avancé de l’infection. Par ailleurs, on estime à 25 000 le nombre de personnes qui ignorent leur séropositivité : environ 40 % sont des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH), 40 % des migrant(e)s hétérosexuel(le)s, principalement d’Afrique subsaharienne et 20 % des hétérosexuel(le)s né(e)s en France. Ces personnes ne bénéficient donc pas des traitements efficaces et peuvent être à l’origine de nouvelles contaminations sans le savoir. Identifier les personnes non diagnostiquées et réduire le délai entre l’infection et le diagnostic sont des objectifs majeurs de santé publique.

Les données récentes confirment la complémentarité de l’offre de dépistage en France

En 2016, d’après les données de Santé publique France, le nombre de découvertes de séropositivité VIH est estimé à environ 6 000, dont 27 % ont été faites à un stade avancé de l’infection. Le nombre global de découvertes a diminué de 5 % par rapport à 2013 mais il reste stable chez les HSH (2 600 en 20161). Les HSH et les hétérosexuels nés à l’étranger (dont les 3/4 sont nés dans un pays d’Afrique subsaharienne) restent les deux groupes les plus touchés et représentent respectivement 44 % et 39 % des diagnostics en 2016. Les hétérosexuels nés en France et les usagers de drogues injectables représentent respectivement 15 % et 1 %.

Les dernières données publiées dans un numéro spécial du bulletin épidémiologique hebdomadaire confirment que, pour concourir à réduire le nombre de personnes infectées mais non diagnostiquées, les dispositifs de dépistage existants sont complémentaires. Ainsi, en 2016 :

  • 5,4 millions de sérologies VIH ont été réalisées par les laboratoires de biologie médicale,
  • 56 300 tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) ont été réalisés par les structures associatives,
  • 74 650 autotests VIH ont été vendus en pharmacie.

Le nombre de sérologies réalisées par les laboratoires de biologie médicale a augmenté de 3 % entre 2014 et 2016. La proportion de sérologies confirmées positives y est de 2/1000. Les TROD représentent un nombre plus faible de tests, mais le taux de positivité est plus élevé (8,7/1000).

Les données de la déclaration obligatoire du VIH montrent que les co-infections par les infections sexuellement transmissibles (IST) sont fréquentes au moment du diagnostic de l'infection à VIH ou dans les 12 mois précédant ce diagnostic. Elles soulignent l'importance de combiner le dépistage du VIH à celui des autres IST. Dans le contexte de la prévention diversifiée, il est particulièrement important de répéter le dépistage des IST pour traiter les patients et leurs partenaires.

Une offre de dépistage variée qui répond aux besoins de chacun

Ces dernières années, l’offre de dépistage s’est développée. Il existe ainsi quatre façons de faire un test de dépistage VIH et/ou IST :

  • Le test dans un laboratoire d’analyses médicales est remboursé sur ordonnance d’un médecin et on peut également y réaliser le dépistage des autres IST (sur prescription).
  • Le test dans un CeGIDD (centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic du VIH, des hépatites et des IST) est gratuit, anonyme, sans rendez-vous et ces centres proposent également le dépistage des autres IST.
  • Le TROD (Test Rapide d'Orientation Diagnostique) proposé par les acteurs associatifs est gratuit, anonyme, permet d’avoir un résultat rapide et d’être accompagné par des chargés de prévention formés.
  • L’autotest, en vente dans les pharmacies, permet de faire le test soi-même et d’obtenir un résultat rapide, quand on veut, où l’on veut.

« Plus on connaît tôt son statut sérologique, plus le bénéfice est grand. Le bénéfice est individuel mais aussi collectif car le risque de transmettre le VIH à un partenaire pour une personne traitée avec une charge virale indétectable est quasi nul. Mais la seule façon de connaître son statut sérologique, c’est le dépistage. C’est un outil de prévention majeur pour contrôler l’épidémie. Aujourd’hui, l’offre de dépistage est variée et s’adapte aux besoins de chacun. Cependant elle reste méconnue » rappelle François Bourdillon, directeur général de Santé publique France.

Une nouvelle campagne valorisant les différents modes de dépistage

Affiche dépistage du VIH

Le 1er décembre, le ministère des Solidarités et de la Santé et Santé publique France lancent une campagne de prévention de 4 visuels mettant en avant des points positifs de chaque technique de dépistage avec la signature « Les modes de dépistage du VIH s’adaptent à votre vie ». L’objectif est de lever des barrières d’ordre psychologique telles que le stress lié à l’attente des résultats ou la crainte d’être stigmatisé et des barrières d’organisation du quotidien telles que la difficulté à trouver du temps ou à obtenir un rendez-vous.

La campagne s’adresse à tous, comme aux populations les plus exposées au VIH (les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les migrants d’Afrique subsaharienne). Elle se décline :

  • en digital du 30 novembre au 20 décembre ;
  • en affichage publicitaire du 30 novembre au 17 décembre, visible du grand public et des publics prioritaires.

Les visuels de la campagne sont également déclinés sous forme de carte postale pour les professionnels de santé souhaitant informer leurs patients.

L’ensemble de la campagne renvoie vers le médecin traitant et le site Sida-Info-Service pour plus d’information.

En savoir plus