Traumatismes crâniens : deux nouvelles publications de Santé publique France

À l’origine des traumatismes crâniens, il y a un accident de la vie courante, de la circulation ou du travail qui auraient pu, le plus souvent, être évités par des mesures de prévention adaptées. Les données épidémiologiques (fréquence, facteurs de survenue, distribution dans la population, gravité, devenir des personnes, coûts individuels et collectifs, etc.) des traumatismes crâniens sont difficiles à synthétiser en raison des différences de méthode utilisées. Santé publique France publie une revue de la littérature scientifique sur le sujet ainsi qu’un rapport analysant les données du Registre du Rhône 2005-2014 concernant les traumatismes crâniens causés par les accidents de la route.

Les traumatismes crâniens entraînent des décès ou des séquelles physiques et psychologiques importantes et ils marginalisent chaque année des dizaines de milliers de personnes, avec perte d’emploi, de logement, ruptures des relations sociales et familiales. Leur prise en charge médico-sociale est très coûteuse humainement et financièrement. Les études existantes en France ne permettent pas de fournir des taux d’incidence et de prévalence nationaux.

La synthèse des publications scientifiques publiée par l’Agence dresse plusieurs constats. Elle montre que la majorité des travaux utilisent les bases administratives hospitalières et rapportent des incidences comprises entre 100 et 300/105/an avec environ 80% de traumatismes crâniens (TC) dit « légers ». Elle relève par ailleurs une sous-estimation des TC dans les études recensées et une description assez fine des personnes à risque : les hommes, les jeunes enfants (0-4 ans), les jeunes adultes (15-24 ans) et les 65 ans et plus. Chez les jeunes enfants et les jeunes adultes, les TC constitueraient une des principales causes de décès et d’invalidité. Les causes de survenue varient en fonction de l’âge, et sont associées à des niveaux divers de sévérité des TC et de mortalité. Deux causes prédominent, les chutes, surtout chez les plus âgés et les accidents de la route, surtout chez les plus jeunes. Une augmentation des TC chez les plus âgés est constatée alors que chez les plus jeunes, l’incidence des TC tend à diminuer en raison notamment des progrès en matière de sécurité routière.

Les accidents de la route sont l’une des principales causes de traumatismes crâniens (TC), notamment des plus graves. Ils touchent une population jeune avec comme conséquence des années de vies perdues ou vécues en incapacités. C’est l’objet du deuxième rapport de Santé publique France, qui fournit des données nouvelles et indique que les traumatismes crâniens ont été divisés par deux sur la période 1996-2014, notamment du fait des politiques de sécurité routière mises en place en France depuis 2002, en particulier l’introduction des radars. Des efforts restent à faire chez les usagers vulnérables (cyclistes et piétons, personnes âgées), notamment la promotion de l’utilisation des dispositifs de protection. En ce sens, une première mesure a été prise en France en mars 2017 rendant obligatoire le port du casque à vélo pour les enfants de moins de douze ans.

Santé publique France mène d’autres travaux sur le sujet. Des résultats d’incidence nationale et régionale sont ainsi consultables sur Géodes, l'observatoire cartographique de Santé publique France.

Pour en savoir plus

Épidémiologie des traumatismes crâniens en France et dans les pays occidentaux. Rapport.

Traumatismes crânio-faciaux consécutifs à un accident de la route : analyse des données du Registre du Rhône 2005-2014. Rapport.