26 septembre 2017 : journée mondiale de la contraception. Quelles évolutions dans le schéma contraceptif des Françaises ?

A l’occasion de la Journée Mondiale de la Contraception du 26 septembre et 50 ans après la légalisation de la contraception en France par la loi Neuwirth, quelles sont les méthodes utilisées par les Françaises ? Ces méthodes ont-elles évolué en particulier suite à la « crise des pilules » de 2012 ? Santé publique France publie les premières données du Baromètre Santé 20161 décrivant les pratiques contraceptives des femmes et leurs évolutions depuis 2010.

Préservatif, pilule, DIU : le trio gagnant

Depuis 1967, date de légalisation de la contraception, les méthodes de contraception se sont progressivement diversifiées (implant, patch, anneau vaginal …). Aujourd’hui, les femmes ont ainsi plus d’une dizaine de choix possibles pour trouver la contraception qui convient à leur mode de vie, leur situation affective et médicale. Mais bien que l’éventail de solutions se soit élargi, le même schéma contraceptif demeure : le préservatif à l’entrée dans la sexualité, la pilule au moment de la mise en couple, remplacée par le Dispositif Intra Utérin (DIU), une fois le nombre d’enfants désirés atteint. Ainsi, la contraception en France reste principalement médicalisée.

Le recul de la pilule se poursuit même si elle reste très utilisée

Même si la pilule reste la méthode de contraception la plus utilisée, en particulier chez les moins de 25 ans, elle connaît une désaffection qui persiste depuis 2012 suite au débat sur les risques liés aux pilules de 3ème et 4ème génération. En 2010, 45 % des femmes utilisaient la pilule comme moyen de contraception, elles n’étaient plus que 40,5 % en 2013, et 36,5 % en 2016. Cette désaffection profite aux autres moyens de contraception, notamment au DIU (+6,9 points), au préservatif (+4,7 points) et à l’implant (+1,9 points). L’évolution dans l’utilisation des méthodes contraceptives varie beaucoup selon l’âge des femmes, sauf chez les femmes entre 15 et 19 ans et entre 45 et 49 ans. Ce sont parmi les 20-29 ans que les plus grands changements sont observés depuis 2010.

Chez les 20-29 ans, une double tendance pour remplacer la pilule

Parmi les femmes de 20-24 ans, l’utilisation de la pilule a diminué de façon progressive entre 2010 et 2016 et le report s’est fait au profit de différentes méthodes :

  • Le DIU dont l’utilisation a fortement augmenté entre 2010 et 2013 (+3,6 points),
  • L’implant qui a fortement progressé entre 2013 et 2016 (+5,5 points).
  • le préservatif comme moyen de contraception dont le pourcentage d’utilisation a doublé dans cette tranche d’âge, passant de 9 % en 2010 à 19 % en 2016.

Parmi les femmes de 25 à 29 ans, la baisse importante de l’utilisation de la pilule entre 2010 et 2013 s’est faite largement au profit du DIU (+9,8 points) et du préservatif (+8,6 points). Les femmes de 25 à 29 ans utilisent désormais le DIU dans les mêmes proportions que les femmes de 30 à 34 ans en 2010.

« Les principaux changements contraceptifs observés chez les 20-29 ans suivent deux tendances contraires. Soit elles abandonnent la pilule pour des méthodes à l’efficacité plus élevée (DIU, implant), soit au contraire, pour le préservatif, certes efficace contre les infections sexuellement transmissibles mais moins sur le plan contraceptif. » souligne Delphine Rahib, chargée d’étude à l’unité santé sexuelle de Santé publique France.

« Choisir sa contraception », le site qui répond à toutes les questions

Le site référent conçu par Santé publique France, www.choisirsacontraception.fr propose une information complète et éclairée sur la contraception. L’ensemble des méthodes contraceptives y est présenté. Un clic sur le pictogramme permet de découvrir la méthode, ses avantages, ses inconvénients, comment elle s’utilise… Les internautes peuvent y trouver des informations plus générales ou comprendre comment aborder le sujet de la contraception en couple, avec un proche ou un professionnel.

Site choisir sa contraception

« Malgré les débats, le pourcentage de femmes concernées par la contraception n’utilisant pas de moyen pour éviter une grossesse est stable. Aujourd’hui, on constate une plus grande diversité des moyens contraceptifs chez les 20-29 ans mais qui reste encore trop marquée par le fait d’avoir eu des enfants. Chez les 20-24 ans, l’implant est trois fois plus utilisé chez les femmes ayant eu des enfants que chez les nullipares (24 % vs 7 %). Ces données montrent l’importance de poursuivre nos actions visant à faire connaître la diversité contraceptive et d’aider les femmes à trouver la contraception la mieux adaptée et donc la plus efficace.» précise François Bourdillon, directeur général de Santé publique France

En savoir plus :

Rahib D, Le Guen M, Lydie N. Baromètre santé 2016. Contraception. Quatre ans après la crise de la pilule, les évolutions se poursuivent. Saint-Maurice : Sante publique France, 2017. 8 p.

1 Enquête réalisée du 8 janvier au 1er août auprès d’un échantillon de 15 216 personnes âgées de 15 à 75 ans. Les analyses portent sur 4 315 femmes âgées de 15 à 49 ans concernées par la contraception, femmes non ménopausées, non stériles, non enceintes, qui ont eu un rapport sexuel avec un homme au cours des 12 derniers mois et qui ne cherchent pas à avoir un enfant