Respecter les valeurs guides de l’OMS en matière de pollution atmosphérique réduirait le coût sociétal de 53 milliards d’euros

La pollution atmosphérique est un problème de santé publique majeur aux facettes multiples. A l’occasion des 20 ans du programme de surveillance Air et santé (Psas) de Santé publique France, Aix Marseille School of Economics (AMSE)-GREQAM (Aix-Marseille Université, AMU) publie une évaluation économique des impacts de l’exposition chronique aux particules fines sur la mortalité en France continentale, en partenariat avec Santé publique France. L’évaluation économique apporte un argument supplémentaire sur l’intérêt sociétal de réduire l’exposition des populations à la pollution de l’air ambiant en France.

La pollution de l’air a un impact humain et économique

Pour calculer l’impact économique de l’exposition chronique aux particules fines sur la mortalité en France, AMSE-GREQAM (AMU) s’est appuyée sur :

  • L’évaluation quantitative de l’impact sanitaire (EQIS)1 de la pollution atmosphérique par les particules fines PM2.52 publiée en juin 2016 par Santé publique France, et menée dans plus de 36 000 communes en France continentale.
  • La valorisation économique d’un décès évitable reposant sur la valeur officielle de 3 millions d’euros proposée dans le rapport Quinet3. Elle traduit une composante non marchande, dont la comparaison directe avec des composantes uniquement marchandes (tel le Produit Intérieur Brut, PIB) est fortement déconseillée.

Trois scénarios pour réduire le coût sociétal de la pollution de l’air

Pour estimer les bénéfices attendus d’une amélioration de la qualité de l’air en France, plusieurs scénarios de baisse des concentrations de PM2,5 ont été chiffrés :

  • Le scénario permettant d’évaluer le poids de la pollution en France est celui « sans pollution anthropique ». Il évalue l’impact annuel sur la mortalité d’une situation dans laquelle aucune commune ne dépasserait le niveau de PM2,5 observé dans les 5 % des communes les moins polluées, soit 4,9 µg/m3. Cette évaluation nationale du poids de la pollution par les particules fines PM2.5 en lien avec l’activité humaine est de 48 000 décès évitables par an.L’impact économique est estimé à près de 145 milliards d’euros / an.
  • Le scénario le plus ambitieux est celui des « communes équivalentes les moins polluées ».Il évalue l’impact annuel sur la mortalité d’une situation dans laquelle toutes les communes atteindraient les niveaux de PM2.5 observés dans les 5 % des communes les moins polluées de la même classe d’urbanisation. Si l’ensemble des communes réussissait à atteindre cet objectif, 34 500 décès pourraient être évités chaque année dont l’évaluation économique s’élève à 103 milliards d’euros / an.
  • Le scénario le plus réaliste est celui de l’« OMS ». Il évalue l’impact annuel sur la mortalité d’une situation dans laquelle aucune des communes françaises ne dépasserait la valeur guide de l’OMS (10 μg/m3 en moyenne annuelle). Ainsi, si l’ensemble des communes françaises respectait la valeur guide de l'OMS, 17 712 décès seraient évités. Le bénéfice économique associé est estimé à près de 53 milliards d'euros par an.

Quel que soit le scénario, l’évaluation économique est un argument supplémentaire pour agir sur la qualité de l’air et la réduction de la pollution. De plus, il s’agit d’estimations a minima car elles concernent uniquement la mortalité. Si l’on ajoute les effets en termes de maladies (du fait des affections chroniques respiratoires (asthme, BPCO) ou cardiovasculaires), le coût sociétal est beaucoup plus élevé.

Le programme de surveillance air et santé (Psas) fête ses 20 ans (STORYMAP)

En savoir plus

1 « Impacts de l’exposition chronique aux particules fines sur la mortalité en France continentale et analyse des gains en santé de plusieurs scénarios de réduction de la pollution atmosphérique » Pascal M, de Crouy Chanel P, Corso M, Medina S, Wagner V, Goria S, et al. Juin 2016.

2 La plupart des sources de pollution atmosphériques émettent des particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètres (PM2.5) : transports, résidentiel/tertiaire, agriculture, industrie. Leur contribution relative à la pollution atmosphérique varie cependant selon le lieu.

3 Quinet E. (2013). L’évaluation socioéconomique des investissements publics Rapport de la mission présidée par Emile Quinet, Commissariat général à la stratégie et à la prospective, septembre, 351 p.

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