Milieu pénitentiaire et santé : deux nouvelles études publiées par Santé publique France

Les détenus constituent une population particulièrement vulnérable : elles sont en moins bonne santé que la population générale, et ce, dès leur entrée en détention. Dans le cadre de ses travaux menés sur la santé en milieu carcéral, Santé publique France publie deux études réalisées en collaboration avec l’administration pénitentiaire en France.

La prison est un milieu spécifique dans lequel plusieurs populations évoluent, ont des problèmes de santé, des pratiques à risque et/ou sont exposées à des risques sanitaires. L’état de santé dégradé des personnes détenues constitue un enjeu de santé publique à part entière, en regard des besoins cliniquement établis par les professionnels de santé somatique et mentale lors des consultations d’entrée en détention. La population carcérale apparaît, dans une forte proportion, comme une population socialement défavorisée, qui cumule les facteurs de risque liés à la précarité. Elle est également exposée à des risques liés à l’enfermement et à la privation de liberté susceptibles d’être aggravés par les conditions de détention.

Santé publique France poursuit ses travaux sur la santé en milieu carcéral et publie deux études en collaboration avec l’administration pénitentiaire dont les résultats sont présentés sous forme de rapports.

L’étude « Suicides et autres décès en milieu carcéral en France entre 2000 et 2010. Apport des certificats de décès dans la connaissance et le suivi de la mortalité » montre que, sur 10 ans, la moitié des 2 541 décès chez les détenus étaient des suicides. Ce taux est nettement plus élevé que dans l’ensemble de la population française (7 fois plus pour les hommes et 20 fois pour les femmes). Cette étude originale issue du croisement des certificats de décès et des informations transmises par l’administration pénitentiaire, constitue un pas vers un système de surveillance épidémiologique des suicides en détention. L’amélioration des remontées d’information médicale, et en particulier celles relatives aux éventuelles pathologies (psychiatriques ou somatiques) associées au suicide, permettrait d’analyser les facteurs environnementaux liés à la détention et les facteurs liés à la morbidité des personnes écrouées.

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L’étude « Investigation de cas groupés de leptospirose parmi les détenus d’un centre pénitentiaire d'Île-de-France » décrit une investigation épidémiologique menée en février 2016, suite au signalement de 2 cas de leptospirose chez des détenus d’un centre pénitentiaire de la région parisienne. À l’issue de cette investigation, réalisée par la Cellule d’intervention en région Île-de-France et la direction des maladies infectieuses en lien avec l’Administration pénitentiaire, aucun autre cas n’a été mis en évidence et des actions préventives ont pu être mises en place, au bénéfice des personnes détenues comme du personnel pénitentiaire : renforcement des mesures de lutte contre la colonisation des rats (réservoirs de la bactérie responsable de cette maladie), moyens de protection individuelle et rattrapage vaccinal pour les personnes occupant une activité à risque.

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