Suicide et tentative de suicides : données nationales et régionales

Santé publique France publie dans un numéro thématique du bulletin épidémiologique hebdomadaire les dernières données épidémiologiques sur le suicide et les tentatives de suicide ainsi que pour la première fois des bilans régionaux sur les conduites et pensées suicidaires.

Avec environ 9 000 décès par suicide par an, la France présente un des taux de suicide les plus élevés d’Europe. Il s’agit donc d’un problème majeur de santé publique dont l’impact en termes humains et économiques est important.

L’objectif de ce numéro du BEH est de faire le point des données sur les conduites suicidaires en France à partir d’enquêtes et de bases médico-administratives qui  permettent d’étudier la mortalité, la morbidité et les causes associées à l’acte suicidaire. Ces connaissances sont indispensables pour renforcer les stratégies de prévention du suicide. Y est également abordée la question de l’évaluation des associations de prévention et d’aide à distance en santé dans le domaine de la prévention du suicide. 

Près de 5% de la population adulte déclare avoir pensé à se suicider au cours de l’année

Le Baromètre de Santé publique France 2017 apporte des connaissances sur les idées suicidaires et les tentatives de suicide (TS) dans la population générale et chez les actifs. Près de 5% des 18-75 ans de la population générale déclaraient avoir pensé à se suicider au cours des 12 derniers mois et plus de 7% déclaraient avoir fait une TS au cours de la vie. Les femmes étaient plus touchées que les hommes. Plusieurs facteurs associés aux comportements suicidaires y sont identifiés : avoir eu un épisode dépressif, avoir à faire face à des situations financières difficiles, le fait d’être célibataire, divorcé ou veuf, l’inactivité professionnelle, l’exposition aux violences ainsi que les évènements traumatisants dans l’enfance. 

Des secteurs d’activité professionnelle plus à risque

Ce même baromètre montre que chez les actifs 4,5% des femmes et 3,1% des hommes ont eu des pensées suicidaires et qu’un tiers les attribuait à des raisons professionnelles. Les secteurs d’activité les plus touchés étaient ceux de l’hébergement et restauration, des arts et spectacles et de l’enseignement.

Une situation préoccupante concernant les tentatives de suicide et pensées suicidaires chez les jeunes filles

Les adolescents de 17 ans ont été interrogés dans le cadre de  de l’enquête Escapad (Enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la défense) de l’OFDT. Il en ressort qu’en 2017, près de 3% des adolescents déclaraient avoir fait au cours de leur vie une TS ayant nécessité une hospitalisation. La situation des filles est particulièrement préoccupante avec une augmentation des TS et pensées suicidaires depuis 2011. Là aussi la dépression est la variable la plus fortement associée. D’autres variables sont également associées aux conduites suicidaires, telles que le décrochage scolaire et les consommations de substances psychoactives (alcool, tabac et drogues illicites).

L’analyse des hospitalisations pour TS par SpFrance confirme la situation préoccupante des jeunes filles âgées de 15 à 19 ans. C’est dans cette population que le taux le plus élevé est systématiquement observé quelle que soit l’année. Par ailleurs, sur l’ensemble de la population, le nombre d’hospitalisations pour TS a diminué entre 2008 et 2017, passant de plus de 100 000 par an à environ 89 000 en 2017, cette baisse étant plus marquée chez les femmes. Par contre, le taux annuel de récidives de TS hospitalisées est resté constant. Certaines régions (Bretagne, Normandie et Hauts-de-France) sont plus touchées que d’autres et cette différence présente en 2008 perdure en 2017 (voir encadré). La majorité de cas de TS présente une pathologie psychiatrique sous-jacente, en particulier une dépression.

L’importance des troubles mentaux sous-jacents

Les troubles psychiatriques, en particulier la dépression et les troubles anxieux, étaient surreprésentés dans les 156 910 certificats de décès mentionnant le suicide comme cause de décès entre 2000 et 2014, comparés aux autres certificats de décès. Le suicide, contrairement aux TS, concerne une forte majorité d’hommes. Si quelques pathologies non mentales ont pu être repérées sur ces certificats, il n’a pas été possible d’identifier leur lien avec le suicide. Les bases médico-administratives du système national des données de santé (SNDS) pourraient apporter un éclairage complémentaire.

Identifier les personnes à risque pour cibler les actions de prévention

Identifier les personnes vulnérables et à haut risque en permettant d’intervenir en amont de la crise suicidaire est l’une des clés de la réussite d’une politique de prévention du suicide, comme le repérage et la prise en charge de la dépression, le maintien du lien avec les personnes ayant fait une TS. En milieu professionnel, l’identification des secteurs d’activités plus à risque permettra de cibler la prévention. Chez les jeunes, les usages de substances psychoactives, le décrochage scolaire et les symptômes dépressifs pourraient être utilisés comme des indicateurs  pour le repérage de profils d’adolescents présentant un risque accru de conduites suicidaires.

Encadré – Conduites suicidaires à l’échelle des régions

Pour la première fois, Santé publique France publie des bilans régionaux sur les conduites suicidaires à partir de trois sources de données (décès, hospitalisations, passages aux urgences pour tentative de suicide) et sur les pensées suicidaires à partir du baromètre de Santé publique France 2017. Si on considère l’ensemble des données, la région Hauts-de-France a la situation la plus défavorable. A l’opposé, l’Ile-de-France a la situation la plus favorable. Les différences inter-départementales sont encore plus marquées.

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