Infections invasives à méningocoque : la maladie
Les infections invasives à méningocoque
Le méningocoque est une bactérie exclusivement retrouvée chez l’Homme et commensale du rhinopharynx. Il possède une capsule polyosidique qui détermine son sérogroupe. Parmi les douze sérogroupes décrits, les souches des sérogroupes A, B, C, Y et W sont responsables de la quasi-totalité des infections invasives à méningocoque (IIM). L’acquisition d’un méningocoque et la colonisation du rhinopharynx sont rarement suivies d’une IIM. Les facteurs de survenue sont multiples : ceux liés à la bactérie (virulence de la souche) et/ou ceux liés à l'hôte (altération des défenses immunologiques, en particulier l’altération de la voie du complément, et état de la muqueuse respiratoire, en particulier après une grippe).
Épidémiologie des infections invasives à méningocoques
Avec 500 à 600 cas par an, le taux d’incidence des IIM est de moins de 1 cas pour 100 000 habitants.
Au cours des 10 dernières années, il fluctuait entre 0,6 et 0,9 pour 100 000 habitants selon l’année, à l’exception de la période pandémique 2020-2022 au cours de laquelle il était exceptionnellement bas. Les IIM affectent en majorité les nourrissons, les jeunes enfants et les jeunes adultes (15-24 ans) et pour certains sérogroupes les personnes âgées. La majorité des cas sont sporadiques. La létalité des IIM est de 10 à 12% mais elle varie selon les sérogroupes avec une létalité plus élevée pour les cas du sérogroupe W (19% en 2023).
Depuis 2022, l’évolution des IIM est marquée par l’augmentation des IIM Y et W et la diminution des IIM C en comparaison avec la période pré-pandémique. En 2023, la part des sérogroupes parmi l’ensemble des cas déclarés était la suivante : B (44% des cas), W (29%), Y (24%) et C (< 1%), et autres souches plus rares (< 1%). L’incidence des IIM C est à des niveaux bas reflétant en partie l’impact des vaccins conjugués méningococciques et l’immunité de groupe obtenue dans la population grâce à la vaccination des 1-24 ans.

Transmission
La transmission du méningocoque se fait par les sécrétions rhino-pharyngées (gouttelettes de Flügge) du fait de contacts proches et répétés. La transmission est favorisée dans le foyer familial ou les conditions de vie en collectivité. La période d'incubation varie de 2 à 10 jours (moyenne de 3-4 jours).
Lors de la survenue d’un cas d’IIM, on estime qu’il y a un risque de transmission pour les personnes ayant été exposées directement aux sécrétions rhino-pharyngées du cas dans les dix jours ayant précédé la survenue de l’IIM (cf. chapitre prophylaxie).
Caractéristiques de la maladie
Les IIM se manifestent le plus souvent sous forme de méningite (inflammation des membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière) et/ou de septicémie. D’autres formes cliniques peuvent survenir (arthrite, péricardite septique…). La forme la plus sévère est le purpura fulminans caractérisé par un choc septique et un purpura extensif et nécrotique.
Diagnostic biologique
Le diagnostic biologique repose sur :
- l'isolement de la bactérie (culture positive) ou une PCR positive à partir d’un site normalement stérile (sang, liquide cérébrospinal (LCS) , liquide articulaire, liquide pleural, liquide péricardique, liquide péritonéal) ou à partir d’une lésion cutanée purpurique ;
- la présence de diplocoques gram négatif à l’examen direct du LCR (méningite).
Un LCS évocateur de méningite bactérienne purulente associé à la présence d’éléments purpuriques cutanés est en faveur d’une infection invasive à méningocoque.
Traitement
Une suspicion d’IIM nécessite une prise en charge médicale rapide et un transfert en urgence à l’hôpital. La prise en charge inclut l’administration d’antibiotiques (C3G) par voie intraveineuse si possible ou intramusculaire.
Prophylaxie autour des infections invasives à méningocoque
Lors de la survenue d’une IIM, un traitement antibiotique court à visée préventive est proposé rapidement aux sujets ayant été en contact proche avec cette personne dans les 10 jours ayant précédé son hospitalisation (période de contagiosité du malade). L’évaluation du risque tient compte de la proximité (moins d’un mètre), du type de contact (en « face à face ») et de la durée.
Ce traitement vise à prévenir la survenue d'un nouveau cas dans l'entourage du malade. L’antibioprophylaxie doit être réalisée dans les plus brefs délais et n’a plus d’intérêt au-delà de 10 jours après le dernier contact avec le malade.
Une vaccination est également proposée aux sujets contacts qui se retrouvent de façon régulière et répétée dans l'entourage du malade si celui-ci a été infecté par un méningocoque de type A, C, W ou Y.
Pour plus d’informations sur la prophylaxie autour des cas d’IIM : INSTRUCTION N° DGS/SP/2018/163 du 27 juillet 2018 relative à la prophylaxie des infections invasives à méningocoque.
Recommandations de vaccination
Depuis le 1er janvier 2025, la vaccination de tous les nourrissons contre le méningocoque B est obligatoire avec 3 doses à l’âge de 3 mois, 5 mois et un rappel à 12 mois. En remplacement de la vaccination contre le méningocoque C, la vaccination tétravalente ACWY est également obligatoire chez tous les nourrissons depuis le 1er janvier 2025 avec 2 doses à l’âge de 6 et 12 mois.
La vaccination ACWY est également recommandée depuis le 1er janvier 2025 aux adolescents âgés de 11 à 14 ans, quel que soit leur vaccination antérieure. Un rattrapage vaccinal est recommandé jusqu’à l’âge de 24 ans pour les personnes n’ayant pas encore été vaccinées.
Par ailleurs, il existe des recommandations particulières de vaccination contre le méningocoque pour certains groupes de population (personnes immunodéprimées ou exposées à un risque d’IIM).
Pour plus d’informations sur les recommandations et les vaccins : https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Meningites-et-septicemies-a-meningocoques
Lors de regroupements spatio-temporels d’IIM liées à un même type de méningocoque dans une communauté sociale ou dans une zone géographique, la vaccination de la population peut être considérée en tenant compte de l’évaluation de la situation par un groupe d’experts. Le type de vaccin dépend du sérogroupe en cause. Ainsi, au cours des dernières années, plusieurs campagnes de vaccination localisées ont été organisées : contre les IIM B (Beaujolais en 2016, dans les Côtes d’Armor en 2017, ou encore à Strasbourg et dans une zone de l’est Lyonnais en 2023) mais également contre les IIM W (étudiants du campus de Dijon en 2017 et 2018).
La situation épidémiologique est suivie avec attention et permet à la Haute autorité de santé d’évaluer et d’adapter les stratégies de vaccination contre les différents sérogroupes.