Surveillance de l'antibiorésistance en établissement de santé. Données 2018. Partie 2 : résistance bactérienne aux antibiotiques

Publié le 11 décembre 2020
Mis à jour le 31 mars 2021

La surveillance des résistances bactériennes mise en place en 2019 dans le cadre de la mission nationale de surveillance et prévention de l'antibiorésistance en établissement de santé (SPARES) vise à répondre aux objectifs assignés de faciliter la surveillance, élargir le champ des espèces bactériennes et résistances surveillées par rapport à la précédente surveillance nationale BMR-Raisin. Les établissements de santé (ES) français ont été sollicités en 2019 pour participer à cette nouvelle surveillance qui portait sur les souches de Staphylococcus aureus, Enterococcus faecalis, Enterococcus faecium, Pseudomonas aeruginosa, Acinetobacter baumannii et d'entérobactéries isolées de prélèvements à visée diagnostique pour des patients hospitalisés au moins 24h au cours de l'année 2018. Les données de 246 299 prélèvements issus de 327 laboratoires de microbiologie et biologie médicale représentant 441 établissements de santé participants, couvrant 23% des lits d'hospitalisation en France, ont pu être analysées. Parmi les souches de Staphylococcus aureus, 15,1% étaient résistantes à la méticilline (SARM). Une souche de SARM sur cinq provenait de patients hospitalisés en service de SSR ou SLD. Parmi les souches d'entérobactéries, 8,9% étaient productrices d'une ß-lactamase à spectre étendu. La densité d'incidence des infections à entérobactérie productrice de ß-lactamase à spectre étendu (EBLSE) était de 0,52 pour 1 000 JH, soit trois fois plus importante que celle des infections à SARM (0,17 pour 1 000 JH). Des données sur les infections à bactéries hautement résistantes aux antibiotiques ont pu être recueillies : Klebsiella pneumoniae représentait plus de 50% des 165 souches d'entérobactéries productrices de carbapénémase et deux-tiers des 36 souches d'Enterococcus faecium résistantes à la vancomycine ont été isolées de prélèvements urinaires. La résistance bactérienne était globalement plus faible que celle observée dans d'autres réseaux de surveillance précédents, sauf pour Klebsiella pneumoniae et Enterobacter cloacae complex, possiblement en lien avec des évolutions épidémiologiques et des différences d'ES participants (activité et répartition géographique). La poursuite du travail avec les éditeurs de logiciel pour faciliter la surveillance et les services rendus par l'outil de surveillance en matière d'analyse, de comparaison et de présentation des résultats locaux devraient contribuer à une progression de la participation à cette surveillance dont les résultats contribueront à orienter les actions de prévention du risque infectieux et de l'antibiorésistance aux niveaux local, régional et national.

Année de publication : 2020
Pages : 54 p.
Collection : Données de surveillance